Oui, les moissons peuvent rester autorisées en période de risque incendie. Mais dans de nombreux départements, un arrêté préfectoral encadre les travaux agricoles dès que la sécheresse s'installe. La condition est simple : disposer à proximité immédiate du chantier de moyens de lutte contre l'incendie, en particulier une tonne à eau et une déchaumeuse capable de créer rapidement une zone coupe-feu. Sans ces équipements, l'exploitant s'expose à une interdiction de chantier, voire à une sanction.
Chaque été, la combinaison chaleur, sécheresse et matériel agricole en activité augmente fortement le risque de départ de feu sur les parcelles céréalières. Les moissonneuses-batteuses, en particulier, peuvent produire des étincelles au contact de pierres ou de pièces métalliques échauffées, un facteur déclenchant identifié dans de nombreux sinistres agricoles estivaux.
Pour limiter ce risque, les préfets prennent chaque saison des arrêtés préfectoraux de prévention incendie, généralement adossés à la vigilance météorologique sécheresse. Ces arrêtés définissent, département par département, les conditions dans lesquelles les travaux agricoles (moissons, déchaumage, broyage) restent autorisés : créneaux horaires, moyens de lutte à disposition, voire suspension totale en cas de vigilance rouge. Leur durée de validité correspond généralement à la période de récolte, de juin à septembre selon les régions et les cultures.
Le non-respect de ces arrêtés constitue une infraction. Elle peut entraîner l'arrêt immédiat du chantier en cas de contrôle, indépendamment du risque réel de départ de feu que cela représente pour l'exploitation et son voisinage.
Contrairement à une idée reçue, ces arrêtés ne visent pas à empêcher les exploitants de récolter. Leur objectif est de conditionner les travaux à la présence de moyens de lutte suffisants, pour que la campagne se déroule sans mettre en danger les parcelles voisines, les habitations proches ou les massifs forestiers. C'est une logique de prévention, pas d'interdiction par défaut.
La liste des départements concernés évolue chaque saison, en fonction du niveau de sécheresse et des prévisions météorologiques. Elle n'est donc jamais figée : mieux vaut consulter systématiquement l'arrêté en vigueur auprès de votre préfecture avant de démarrer un chantier, plutôt que de se fier uniquement à un historique d'une année sur l'autre.
Le tableau suivant présente un échantillon non exhaustif de départements régulièrement concernés par ce type d'encadrement, la période concernée, les moyens exigés, ainsi que la référence de l'arrêté, à titre d'illustration :
| Département | Type de restriction | Période concernée | Moyens exigés | Référence de l'arrêté |
| Gironde (33) | Autorisation sous conditions | Juillet à Septembre | Tonne à eau, bande débroussaillée | Arrêté du n°33-2026-07-07-000001 La préfète de la Gironde |
| Landes (40) | Interdiction aux heures les plus chaudes | Juin à Septembre | Tonne à eau, déchaumeuse, moyen de communication | Arrêté du n°2026-1085 |
| Var (83) | Suspension totale en cas de vigilance rouge | Juillet à août | Tonne à eau, zone coupe-feu | Pas d'arrêté spécifique moissons identifié en 2026. Les restrictions dépendent du niveau de risque incendie quotidien |
| Bouches-du-Rhône (13) | Autorisation sous conditions | Juillet à août | Tonne à eau, déchaumeuse | Pas d'arrêté spécifique moissons identifié en 2026. Les restrictions dépendent du niveau de risque incendie quotidien |
| Gers (32) | Autorisation sous conditions | Juillet à août | Tonne à eau à proximité immédiate | Pas d'arrêté spécifique moissons identifié en 2026. Les restrictions dépendent du niveau de risque incendie quotidien |
| Aude (11) | Interdiction aux heures les plus chaudes | Juin à août | Tonne à eau, déchaumeuse | Pas d'arrêté spécifique moissons identifié en 2026. Les restrictions dépendent du niveau de risque incendie quotidien |
Dans la majorité des cas, la restriction ne consiste pas en une interdiction pure et simple des moissons, mais en une autorisation conditionnée : disposer sur place des moyens de lutte exigés. Certains arrêtés ajoutent une contrainte horaire, généralement entre 13h et 18h aux heures les plus chaudes de la journée, où les travaux peuvent être suspendus même si l'équipement est présent.
À titre de repère, un chantier de moisson standard couvre en moyenne 8 à 12 hectares par jour avec une moissonneuse-batteuse classique. Cela signifie concrètement que les moyens de lutte doivent être repositionnés au fil de l'avancée du chantier, et non fixés à un seul point de la parcelle en début de journée. Les exploitants et entreprises de travaux agricoles (ETA) qui interviennent sur plusieurs départements ont donc intérêt à s'équiper en amont, plutôt que de découvrir une obligation la veille d'un chantier.
Pour les exploitations situées à la frontière de deux départements, le réflexe le plus sûr consiste à vérifier l'arrêté de chacune des zones traversées, puisque les exigences peuvent différer d'un territoire à l'autre pour une même semaine de campagne. Un chantier conforme dans un département peut être en infraction quelques kilomètres plus loin, si l'exploitant ne dispose pas des moyens de lutte propres à la seconde préfecture.
Au-delà de la réglementation, s'équiper correctement reste la meilleure protection contre un départ de feu sur un chantier de moisson. Un simple contact entre une pièce métallique échauffée et du chaume sec suffit à déclencher un feu qui se propage en quelques minutes : c'est précisément ce scénario que visent à prévenir les arrêtés préfectoraux. Trois moyens reviennent systématiquement dans leurs exigences.
La tonne à eau est l'équipement le plus fréquemment exigé par les arrêtés préfectoraux de prévention incendie. Positionnée à proximité immédiate du chantier, elle permet d'intervenir en quelques secondes sur un départ de feu, avant qu'il ne se propage au chaume sec environnant.
Pour un chantier courant, une Tonne à eau permet d'assurer plusieurs interventions successives avant recharge, sur une exploitation de taille moyenne. Au-delà, un volume de 6 000 à 8 000 litres limite les allers-retours de recharge sur les chantiers les plus étendus. Duraplas propose une gamme complète de 2 000 à 8 000 litres, dimensionnée pour accompagner l'ensemble de la campagne de moisson.
La déchaumeuse ne sert pas seulement à préparer le sol après récolte : c'est aussi l'outil qui permet de créer rapidement une zone coupe-feu autour d'une parcelle sensible. En retournant la terre sur une bande de plusieurs mètres, elle isole le chaume sec des zones à risque et freine la progression d'un éventuel départ de feu.
Cette intervention est souvent citée explicitement dans les arrêtés préfectoraux comme mesure complémentaire à la tonne à eau, en particulier sur les parcelles bordant des zones boisées, des habitations ou des infrastructures sensibles.
Quand la tonne à eau embarquée ne suffit pas, disposer d'une réserve d'eau fixe à proximité du chantier permet de la recharger rapidement sans interrompre l'intervention. C'est particulièrement utile sur les exploitations étendues, où le point d'eau naturel le plus proche peut être éloigné de plusieurs kilomètres du chantier en cours.
Duraplas propose des réserves incendie souple, faciles à installer en bordure de parcelle et dimensionnées pour sécuriser durablement un chantier de moisson sur toute la saison.
Se mettre en conformité avant le démarrage de la campagne ne demande que quelques vérifications simples, à effectuer idéalement plusieurs semaines avant les premières coupes :
Identifier l'arrêté préfectoral en vigueur dans votre département, disponible sur le site de la préfecture ou auprès de votre chambre d'agriculture.
Vérifier les horaires et conditions spécifiques : certains arrêtés suspendent les travaux aux heures les plus chaudes de la journée, même si l'équipement est présent.
S'équiper des moyens de lutte exigés, tonne à eau et déchaumeuse en priorité, avant le début du chantier plutôt que dans l'urgence.
Positionner ces équipements à proximité immédiate de la parcelle travaillée, en les déplaçant au fil de l'avancée du chantier.
Renouveler la vérification à chaque changement de niveau de vigilance sécheresse, car les arrêtés peuvent évoluer en cours de saison.
Cette anticipation évite un arrêt de chantier imprévu et réduit surtout le risque réel de départ de feu, bien au-delà de la seule contrainte réglementaire. Elle limite aussi les pertes de temps en pleine campagne : un chantier arrêté par un contrôle en cours de journée retarde la récolte de plusieurs heures, dans une période où chaque journée de beau temps compte.
Non, les moissons restent généralement autorisées même en période de risque incendie élevé. Certains départements les encadrent par arrêté préfectoral : horaires restreints, moyens de lutte obligatoires sur le chantier, voire suspension totale en cas de vigilance rouge. Vérifiez toujours l'arrêté en vigueur dans votre département avant de démarrer un chantier.
Les arrêtés préfectoraux exigent généralement une tonne à eau à proximité immédiate du chantier et une déchaumeuse capable de créer rapidement une zone coupe-feu. Certains départements ajoutent un point d'eau de secours ou un moyen de communication opérationnel. Les exigences précises varient selon le département et le niveau de vigilance incendie.
L'arrêté préfectoral encadrant les travaux agricoles en période de risque incendie est publié sur le site internet de la préfecture de votre département, dans la rubrique dédiée à la prévention des risques. Vous pouvez aussi contacter directement votre chambre d'agriculture pour en obtenir la version en vigueur.
Une zone coupe-feu est une bande de terrain débarrassée de végétation combustible, destinée à freiner ou stopper la propagation d'un incendie. Sur un chantier de moisson, elle se crée rapidement avec une déchaumeuse, qui retourne la terre autour de la parcelle pour isoler le chaume sec des zones sensibles.
Oui. Le non-respect d'un arrêté préfectoral de prévention incendie est une infraction qui peut entraîner une amende, voire l'arrêt immédiat du chantier par les autorités en cas de contrôle. Au-delà du risque réglementaire, un chantier non équipé expose surtout à un risque réel de départ de feu incontrôlé.
La réglementation autour des moissons et du risque incendie évolue chaque saison, mais le principe reste constant : s'équiper des bons moyens de lutte permet de continuer à travailler en toute sécurité, quel que soit le niveau de vigilance dans votre département. C'est un investissement qui protège à la fois votre chantier, vos parcelles voisines et votre activité, bien au-delà de la seule obligation réglementaire.
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Si votre chantier est situé en zone à risque renforcé, complétez votre dispositif en allant découvrir nos réserves incendie, pour disposer d'une réserve d'eau fixe à proximité de vos parcelles.
Cet article est mis à jour régulièrement mais ne remplace pas la consultation de l'arrêté préfectoral en vigueur dans votre département. Avant de démarrer un chantier de moisson, vérifiez toujours les conditions actualisées auprès de votre préfecture ou de votre chambre d'agriculture.